

Paru le 04/1994
Annuels (années de ...) Cinéma et Sports 04/1994
Il est des années singulières. Le rugby en a connu une au lendemain de sa première Coupe du monde. L'Année du Rugby 1988 en est le vibrant témoignage pour le numéro seize d'une collection devenue un classique de l'édition. S'il y a eu moins d'essais qu'en d'autres saisons, les transformations furent plus nombreuses. C'est ainsi qu'en France notamment, il y fut plus que jamais question de promotion et de gestion. Et même de succession, non pas celle d'Albert Ferrasse, sinon à l'International Board, le gouvernement suprême du rugby dont il fut le premier Français président, mais bel et bien celle de Jacques Fouroux, le bretteur gascon. Voilà qui a donné une année bouillonnante, pleine d'affrontements et de rebondissements. Une année pareillement émouvante. En effet, pour la seizième fois de son histoire, le Quinze de France a gagné le Tournoi des Cinq Nations, à égalité, cette fois, avec le Pays-de-Galles de Johnatan Davies. Et, pour la troisième fois consécutive, elle l'a emporté avec le même capitaine, Daniel Dubroca. Voilà pourquoi l'Année du Rugby 1988 c'est beaucoup, passionnément, l'Année Dubroca. Car ce joueur à part quitta le Quinze de France sur une troisième victoire chez les Gallois, un record, pour retrouver les Agenais et décrocher à leur tête son troisième bouclier de Champion de France. L'Année du Rugby 1988 c'est encore et comment l'année de Laurent Rodriguez qui en a écrit la préface. C'est, enfin, l'apogée de Serge Blanco, un joueur d'un tel rayonnement que chacun se prépare à avoir moins chaud le jour où il décidera de s'écarter du Tournoi. Christian Montaignac remonte et raconte cette saison, ses bruits et ses ferveurs, à la manière toujours impertinente d'un roman de packs et d'épées, Pierre-Michel Bonnot et Richard Escot y ajoutent leur griffe personnelle au moment de traiter le destin des Britanniques et les événements du Championnat de France. C'est une année du rugby pleine de vies sans oublier le vide de la sale mort qui attendait un joueur sur un terrain un dimanche après-midi. C'est l'année des bouleversements jusqu'au bout d'une nuit de finale marquée par la détresse d'un arbitre, d'une équipe, Tarbes, et d'un joueur, Philippe Dintrans. C'est l'année des emballements et des crépitements, des affrontements entre Argentins et Français et du rayonnement des Néo-Zélandais.


